C'est le tour des visites que j'ai faites à São Paulo. Tout d'abord sur la Paulista. En sortant du métro, le FIESP, un musée retraçant l'histoire artistique et politique du vingtième siècle au Brésil. Un musée tout ce qu'il y a d'ordinaire pour nous européens. Puis le Itau cultural, genre de centre Pompidou, dans lequel était retracé l'histoire de l'art mécanique et numérique au brésil. Un coup de coeur pour Waldemar Cordeiro, un des premiers, qui faisaient des portraits de la femme qu'il aimait en imprimant les signes suivants : =, -, X, +, et des cases noires. Des photos le montrent préparant à la main ses portraits, puis tapant à l'ordinateur des lignes de symboles. Une simple impression, que l'on observe avec deux mètres de recul, et c'est juste magnifique ... Des curiosités aussi, comme ce tapis kitsch, dans une salle sombre, sur lequel on marche pour actionner des projections d'homme nu et squelettique souffrant de diverses manières ... charmant, n'est-il pas ? Jusqu'aux programmes intéractifs de création d'animation, j'ai beaucoup appris et aimé dans cette expo.
Nous sommes également allé, toujours sur la Paulista (c'est le coeur artistique de la ville) au SESC, association nationale de diffusion artistique, la seule, présente aussi à Piracicaba, où j'étais déjà allé assisté à quelques concerts. Cette fois-ci, en passant devant la baie vitré qui donne sur la rue, on s'est demandé pourquoi les gens était habillé bizarrement, mais cela semblait marrant, il y avait un groupe vêtu d'habit de grand-mères en train de s'installer, nous avons décidé d'entrer. C'était une soirée privée, mais nous sommes passé allègrement derrière une dame qui discutait ferme avec le videur pour pouvoir entrer, et nous voilà au beau milieu de la plus grande bande de travestis et de leurs "amis" qu'il m'ait été donné de voir ! C'était bien rigolo, on distribuait des bols de soupe chinoises et du champagne, ainsi que des autocollants de toutes les couleurs, pour que les gens fassent "leur" art sur les murs de la salle ... J'ai hésité à faire un énorme phallus, puis je me suis ravisé, je vous fait la traduction des discussions autour de moi :
"mais c'est mâââââgnifique dites moi, comment faaîîîîîtes vous çâââ, c'est mêêêêrveilleux je vais demander à Joséééé de faire le mêêême dans notre chambre, oh oui je le veux je le veux ...".
Comme on était pas très à l'aise au milieu de tous ces hommes qui nous dévoraient des yeux (on est pas connu, mais comme on était dedans c'était qu'on avait reçu une invitation de quelque personne de ce milieu, donc on en faisait parti), nous sommes rapidement allé chez Paulo (l'ami d'enfance de Carlão) écouter un bon vieux rock des familles en faisant les hommes pour se rassurer.
La soirée du samedi s'est passée dans un bar branché lui aussi, musique rock alternatif-électro mixé tout ensemble, pour finir sur un bon drum'n'bass quand tout le monde était saoul .. C'était presque les mêmes qu'au SESC, avec la présence à la table à côté de moi d'une VG de MTV que je vois tous les jours quand je déjeune ... Une bonne soirée, où j'ai encore une fois abusé de caipirinha, et qui s'est terminé dans la plus célèbre boulangerie de São Paulo à 5h du matin, pour déguster un pão de queijo rehaussé de catupiry, une saleté qu'on en mangerait ses doigts tellement c'est bon, des petits pains avec du fromage dans la pâte (un parmesan local), le catupiry est un fromage crémeux dont la saveur ne m'a été révélée qu'au brésil, aucune comparaison n'est faisable, désolé.
Lever 10h dimanche, parce qu'on a fait les vrais touristes, une eau de noix de coco avant de prendre le métro pour délayer la pâteur des bouches, puis promenade et musée, le plus grand musée d'art de São Paulo, la Pinacoteca. Un musée dont je ne vous parlerai pas tant il rappelle le Louvre en miniature (2 heures pour en faire le tour), et parce que je ne saurai pas décrire les peintures, sculptures et photos, mêmes si ça vous intéresse de connaître l'art brésilien. Tous ces lieux, ces musées, les immeubles du dix-neuvième, les parcs, tout vient de la colonisation. Après, plus rien. Rien n'est restauré, à l'exception de quelques musées à finances privées, et presques gratuits (y compris la pinacoteca). Le reste est à l'abandon, s'écroule, et est remplacé par les grattes ciels qu'on aime tant.
J'en ai encore gardé un peu : demain c'est gastronomie à São Paulo !